« Ils paieront très cher ton sang qu’ils
ont osé verser. Nous leur
promettons une
guerre totale»
Hommage_du_CNR___Jacques_Tiwa_08MARS2008
La
dictature nécocoloniale qui a fait mains basses sur le pouvoir politique au Cameroun a encore versé le sang d’un
enfant, le sang des enfants de ce pays, notre pays le Cameroun!
Ils
ont tué Jacques Tiwa, notre ami!
Ils
ont tué Nkrumah, notre camarade!
Ils
ont tué NGnintedem, le fils de cette terre accueillante et chaleureuse de
Bamouguong.
Ils
ont tué un lutteur hors pair, un combattant intrépide ! Ils ont voulu tuer
l’espoir !
Un
autre lâche et vilain assassinat politique, comme il en a existé dans ce pays
depuis 50 ans. En assassinant Tiwa et toute cette centaine de personnes tombées
en févier, le gouvernement néocolonial n’a fait que perpétuer cette «fatalité
du bain de sang », pour reprendre l’expression de Mongo Béti, qui
constitue le mythe fondateur de leur pouvoir usurpé et de leur généalogie politique de traites à la Patrie. Il n’est pas
inutile de rappeler que le crime fondateur de cette république des servitudes et
d’apatrides remonte à septembre 1958 avec l’assassinat odieux de Um Nyobè :
Cette «fatalité du bain de sang» s’est poursuivie en 1960 avec Félix Moumié,
en 1966 avec Ossendé Afana, en 1971 avec Ernest Ouandié, en 1991 avec
le jeune Taku Eric, en 1996 avec Mvogo Benjamin, en 2005 avec Forlem Gilbert et Ebwam Aloysus, en 2006 avec Ufeanei Ivo et Mouma Benet, et en 2008 avec tout ces morts dont les
victimes se comptent, hélas par…centaines! Au nombre de ces victimes, Jacques
Tiwa !
Jusqu'à
présent et ce, depuis 50 ans, seul le sang des victimes de la dictature
néocoloniale a coulé. Jusque quand continuerons-nous d’accepter et d’assister
dans l’impuissance générale au massacre des nôtres, aux tueries de nos
prophètes et de nos héros? «How long shall they
kill our prophets while we seat aside and look? » se demande l’artiste. Trop de sang a déjà
coulé du coté des opprimés et toujours aucune goutte de sang n’a été enregistrée
dans le camp de nos bourreaux, c’est à dire ceux là qui nous tuent, nous massacrent,
nous volent, nous pillent, violent nos femmes et nos sœurs, etc.! Les progressistes de pays ont la
responsabilité et le devoir de faire en sorte que le sang de nos martyrs versé
en février de cette année, soit le dernier et ne soit pas du sang versé pour rien. Trop c’est
trop !
Ces
apatrides serviles, défenseurs des intérêts étrangers contre le peuple
camerounais, protecteur de la grande bourgeoise nationale alliée du grand
capital étranger, contre les intérêts des masses populaires, ces apatrides
disions nous, ont encore osé versé le sang limpide des centaines d’enfants de
ce pays, montrant une fois de plus, leur boulimie insatiable du pouvoir et leur
détermination à s’y accrocher même en régnant sur un pays fantôme, un pays de cimetières
fait de tombes de citoyens massacrés !
Ils
ont tué Tiwa Jacques ! Ils l’ont assassiné !
Mais
incultes comme ils sont, ils ne savent pas Tiwa Jacques n’est pas mort, ils ne
savent pas que Tiwa est plus que jamais vivant dans nos cœurs. Les idéaux pour
lesquels il a sacrifié sa jeunesse et finalement sa vie lui survivront, car
comme le disait l’autre, on peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer une
idée ! Et pour paraphraser Jean Paul Sartre, les héros ne meurent jamais, ils sont comme les astres, ils sont comme
les étoiles du ciel, on les croit mort mais ils sont vivants et leur lumière
illumine sans cesse notre chemin une fois la nuit tombée.
Qui était TIWA Jacques?
Tiwa
Jacques, 36 ans, est un exemple d’engagement, de loyauté et de fidélité à des
idéaux de progrès. C’est un homme de conviction et un progressiste camerounais
et africain qui s’en va ! Quelle perte ?
En effet, dès son entrée à l’Université de
Yaoundé en 1991, il épouse les idéaux du « Parlement Estudiantin »
dont il devient très rapidement un des piliers essentiels, à cause de son
courage, de sa témérité, de son abnégation et de son sens du devoir militant. Ses camarades font alors de lui
l’homme des situations difficiles, qu’il affrontera toujours avec responsabilité,
courage et détermination sans jamais se débiner:
Homme
de terrain à toute épreuve, le camarade Tiwa est désigné en Septembre 1992 pour
représenter le « Parlement Estudiantin » au sein de la «Sous-commission
Manifestations» de « l’Union pour le Changement ». Dans ce cadre, il t
participera très activement à la campagne présidentielle du candidat unique de
l’opposition de cette époque. Il sillonnera villes et campagnes, pour prêcher
les idées du Changement. La suite de cette étape, on la connaît.
Son
engagement militant lui aura valu d’être persécuté et exclu de toutes les
universités camerounaises par les forces obscurantistes qui l’ont aujourd’hui
réduit au silence éternel. Traqué par les forces répressives du système
néocolonial-dictatorial, Tiwa rejoint la clandestinité et cette situation
devenant de plus en plus intenable, est contraint de prendre le chemin de
l’exil en juillet 1993, avec une cinquantaine de ses camarades du « Parlement
Estudiantin ». Il sera tour à tout réfugié politique au Burkina Faso, au
Mali puis au Sénégal, où il fera des études de Comptabilité et de Commerce
avant de décider de retourner sur la terre de ses ancêtres pour continuer la
lutte auprès des masses populaires. C’était, on peut le dire à posteriori, sous-estimer
la méchanceté et la cruauté congénitale du régime neocolonial despotique qui s’est imposé à nous depuis 50 ans.
Malgré
son exil, le camarade Nkrumah restera très actif et continuera son engagement
politique au niveau panafricain : Il travaille activement avec les
Mouvements étudiants et les organisations de défense des droits de l’Homme au
Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. Ce qui lui vaudra quelques fois de sérieux
ennuis avec les gouvernements des pays hôtes.
Le
Combattant Tiwa est membre fondateur du Conseil National pour la Résistance –
Mouvement Umnyobiste le CNR-MUN) en 2003. Cette Organisation est née de la
volonté de nombreux leaders étudiants, compagnons d’exil de Tiwa, de consolider
leurs réflexions dans un cadre politique aux orientations idéologiques sans ambiguïtés,
qui situe son action dans le prolongement des luttes populaires pour
l’indépendance réelle, la liberté et la démocratie dans notre pays le Cameroun
et en Afrique.
En 2004, le camarade Nkrumah s’installe donc à
Douala et est désigné, tout naturellement, à la tête la section nationale du
CNR / Mouvement Umnyobiste. Il construit très rapidement un réseau militant
qui lui permet de travailler étroitement avec des cercles politiques
nationalistes internes. En tant que Secrétaire National du CNR, TIWA Jacques a régulièrement
informé la direction du mouvement, des détails de la situation socio-politique
sur le terrain.
Le
dernier contact que le Comité Exécutif du Conseil National pour la Résistance a eu avec le camarade Tiwa Jacques remonte au 26
février, c’est à dire deux jours avant sa mort brutale.
Ce
Jour là, au cours d’un long échange téléphonique avec nous, notre camarade a
encore fait, comme depuis le début de la crise de Février, un point exhaustif des
évènements sur le terrain. Nous nous souvenons encore de ces mots que le
combattant TIWA nous a tenu dans le
point téléphonique du 26 février. « Camarades, c’est très chaud ici, c’est
très grave au pays, les gens tombent comme des mouches, Biya a le dos au mur !
Camarades, vous
me connaissez, vous connaissez mon engagement et mon penchant pour l’action. S’il
m’arrive quelque chose, n’oubliez pas que j’ai une famille». Terrible prémonition que ces propos graves qui
tonnent sans cesse dans nos tympans et dont l’écho nous hantera à jamais.
Pour
nous du Conseil National pour la Résistance, il n’ y a pas de doutes que se savait suivi et menacé. La violence des
munitions qui lui ont transpercer le corps, ne laisse pas de place aux
supputations : La mort de Jacques Tiwa est tout simplement un assassinat
politique.
En
vérité, le camarade Tiwa Jacques, ce 28 avril où il a été assassiné, se rendait au domicile
Combattant Mboua Massock pour des échanges sur les évènements de février. Le
camarade a été sans aucun doute filé et abattu par la soldatesque du régime
sanguinaire au pouvoir. C’est un crime politique pour lequel nous
maintenons notre exigence d’une Commission d’Enquête, tout comme le CNR exige
une Commission d’Enquête Internationale pour faire la lumière sur la
répression de février, qui a endeuillé des centaines de familles camerounaises.
Le Conseil
National pour la Résistance perd
avec le Combattant Tiwa, un militant engagé discipliné et plein d’abnégation. Un
« Homme sérieux », au sens où l’entendait Mongo Béti. Le mouvement
est atteint par cette perte, mais saura en donner la juste réaction. Et cette réaction
sera farouche et totale.
Combattant
Tiwa, Camarade N’Krumah, tu es tombé les armes à la main.
Ces
armes tombées de tes mains si braves, sont dores et déjà ramassées par tes
camarades, pour que le combat, ton combat, pour la liberté et la Démocratie
dans notre pays, continue avec encore plus de détermination jusqu'à la victoire
finale.
Camarade
Tiwa, ton sacrifice suprême éclairera notre chemin, chaque fois que nous nous
tromperons, lorsque nous serons dans le doute, Chaque fois que nous serons
découragés, nous retournerons vers toi pour nous orienter et reprendre courage.
Nous viendrons tous les ans, en pèlerinage sur cette terre de Bamougong où tu
reposes à jamais, nous reviendrons pour célébrer ton martyr, ton sacrifice suprême
afin que, dans cette société en manque de repères, les jeunes générations s’en inspirent,
au quotidien, dans leur quête de liberté et de bien être.
En ce
moment de gravité, où nous nous apprêtons à te conduire à ta dernière demeure,
le seul hommage qui vaille, c’est le serment que nous te faisons de poursuivre
avec plus d’acharnement et de témérité ton combat, notre combat commun, pour un
Cameroun et une Afrique Libres, Indépendants et Démocratiques débarrassés de
dictateurs rétrogrades et criminels qui envoient leurs armées massacrer leurs peuples,
au lieu de le protéger. Nous oeuvrerons à te rendre justice, afin que tes
assassins rendent compte de leurs crimes devant les tribunaux nationaux ou
internationaux. Ils paieront très cher ton sang qu’ils ont osé verser. Nous
leur promettons une guerre totale !
Nous,
tes compagnons dans la lutte, ferons en sorte que ton sacrifice ne soit pas
vain. Que ton sang versé, devienne l’engrais sur lequel germeront la liberté et
la démocratie pour lesquelles tu as sacrifié ta jeunesse et ta vie.
Nous
sommes en deuil pour t’avoir perdu, tu vas nous manquer, mais nous refusons
d’abdiquer, car le but recherché par le pouvoir assassin qui t’a tué, est de
nous décourager, de nous effrayer pour que nous abdiquions. C’est peine perdue,
car nous sommes certes touchés et déchirés, mais nous restons debout prêt pour
continuer le combat. Oui, nous sommes debout, plus déterminés que jamais dans
la lutte aux cotés des masses populaires des villes et des campagnes du
Cameroun, contre la dictature et l’arbitraire dans notre pays !
Camarade
Tiwa, ton dernier vœu à nous tes camarades du CNR été que nous nous
occupions de ta famille si tu tombes au front. Tu peux reposer en paix, car ta
volonté sera faite. Ta veuve et tes deux enfants, que tu nous laisses, seront
protégés.
Nous tenons
à saluer la dignité et le courage avec
lesquels ils affrontent cette circonstance dramatique.
Aux
enfants Cyrille et Arthur Tiwa, nous tenons à vous dire votre père est un HEROS
National, qui sera honoré en tant que tel, lorsque la Nation, libérée
de sa souillure actuelle qui lui tient lieu de gouvernement, saura enfin reconnaître
et célébrer le sacrifice de ses fils et filles, qui sont tombés afin que le
pays reste debout. Votre père est déjà assis
aux cotés de nos autres martyrs et héros que sont UM, MOUMIE, OSSENDE, OUANDIE,
OUAMBO Le Courant et bien d’autres. Le Comité Exécutif du CNR a décidé de faire
de vous, les enfants du martyr Tiwa, les «Pupilles de la Résistance».
A la
veuve TIWA Virginie, qui a toujours su, dans une infaillible loyauté, soutenir
le combat de son mari, Nous disons merci d’avoir partager la vie et la trajectoire
de notre camarade et ami. Derrière un grand homme, dit l’artiste, se cache une
grande femme. Nous te demandons de sécher ses larmes et de garder courage.
Justice sera rendue ! La volonté du défunt sera faite.
Nous
tenons à dire à la maman du camarade TIWA, ici présente, qu’elle est une
héroïne, pour avoir donné au Cameroun et à l’Afrique un lutteur émérite et un résistant
intrépide qui a su, toute sa jeune existence, dire NON á la servitude, NON à la
dictature, NON à l’injustice. Maman Tiwa, reste courageuse et forte!
A toute
la famille de Jacques TIWA, le Comité Exécutif du CNR/MUN présente ses
condoléances les plus émues. De même que nous nous inclinons sur la mémoire des
centaines de victimes civiles qui sont tombées sous la répression barbare des forces dites de
l’ordre, au cours des Manifestations de la fin février, dans notre pays.
Le sang des martyrs sera vengé
A Bas les Assassins du peuple !
Honneurs et Gloire éternelle à TIWA Jacques
Honneurs et Gloire aux martyrs de la liberté et de la Démocratie
La
lutte continue,
Pour la Patrie et l'Afrique, nous vaincrons!
Bamouguong (Mbouda), ce 08 Mars 2008
Le Comité Exécutif du
Conseil
National pour
la Résistance /Mouvement
UmNyobiste (CNR-MUN)
Contact: cameroon.resistance.council@googlemail.com
Internet: http://cnrmun.afrikblog.com/